12/3/2025
 DANS 
ÉCONOMIE

Les Français et les conséquences de l'inflation alimentaire

Enquête diffusée en mars 2025

Les conséquences de l'inflation alimentaire

2022 et 2023 ont été marqués en France par une hausse spectaculaire de l’inflation dans de multiples secteurs, notamment l’alimentaire.

Comment les Français ont-ils vécu cette longue période de diminution de leur pouvoir d’achat ? Ont-ils le sentiment que les prix, comme l’attestent l’INSEE, se sont stabilisés l’an dernier ? Ont-ils modifié leurs comportements d’achat, et si oui, comment ? Ont-ils dû renoncer à certains produits, voire se priver de repas ?

C’est à ces questions que répond l’étude réalisée par FLASHS pour le courtier en ligne Ymanci auprès d’un large panel de 2 000 personnes. Les résultats témoignent sans ambiguïté de profonds changements dans la manière de consommer de nos compatriotes et de conséquences inquiétantes en matière de santé publique.

L’inflation est ancrée dans les esprits

Selon l’INSEE, les prix alimentaires sont globalement restés stables au cours des 12 derniers mois. Mais les Français ont une perception radicalement différente de la situation.

95% des personnes interrogées estiment que les prix de l’alimentation ont augmenté au cours de l’année écoulé ;

63% jugent même qu’ils ont fortement augmenté durant cette période ;

Un sentiment partagé dans des proportions similaires par toutes les classes d’âge et toutes les tranches de revenus.

Les habitudes d’achat ont changé

Face à la hausse des prix, les Français réajustent leurs habitudes de consommation en priorisant les promotions, les marques de distributeur et les magasins discount.

79% des Français ont modifié leurs comportements d’achat dans le domaine alimentaire ;

48% achètent plus qu’avant des produits en promotion ;

49% sont plus attentifs aux prix unitaires (kg, litre) ;

37% privilégient plus souvent les marques de distributeur ;

30% fréquentent davantage les enseignes discount.

Moins de viande et de poisson

Les Français ajustent leur consommation en ciblant prioritairement les viandes, les poissons et les produits considérés comme plus coûteux ou non essentiels. Malheureusement, les fruits et légumes sont également concernés.

43% des personnes interrogées ont réduit ou arrêté leur consommation de viande et de poisson ;

33% ont fait de même avec les produits bio ou locaux ;

20% ont renoncé totalement ou partiellement aux fruits et légumes.

Une autre manière de consommer

En raison de l’inflation, nos concitoyens privilégient l’achat d’aliments à prix réduits et une gestion plus rigoureuse des repas.

65% des Français ont opéré des changements dans leur manière de consommer les aliments ;

48% achètent plus souvent des aliments à prix réduits proches de leur date limite de consommation ;

30% réduisent plus qu’avant la taille de leurs portions et gardent davantage les restes ;

25% mangent plus fréquemment des produits dont la date de péremption est dépassée.

81% de celles et ceux qui consomment des produits dont la date de péremption est dépassée le font avec des produits laitiers, 64% avec des produits secs ou en conserve et 21% avec la viande ou le poisson.

Des millions de Français sautent régulièrement des repas

Les résultats de l’enquête montrent une réalité sociale inquiétante : un tiers des Français sautent régulièrement des repas, notamment les jeunes adultes et les plus modestes.

33% des Français ont sauté des repas au cours des 12 derniers mois faute d’argent ;

20% y sont contraints plusieurs fois par semaine ;

48% des personnes dont les revenus sont inférieurs à 1 300€ par mois suppriment régulièrement des repas, de même que 53% des 25-34 ans.

La qualité nutritionnelle menacée

La majorité des Français estiment que les arbitrages qu’ils doivent faire en raison des prix de l’alimentation nuisent à leur équilibre nutritionnel.

58% des personnes interrogées disent que la hausse des prix a eu impact négatif sur leur équilibre nutritionnel ;

Un sur cinq (21%) considère que cet impact a été très négatif.

Des modes de cuisson qui s’adaptent

La hausse des prix de l’énergie a, elle aussi, conduit les Français à modifier leur manière de cuisiner.

Les trois quarts (74%) ont changé leur façon de chauffer leurs aliments ;

56% des personnes interrogées éteignent le four ou la plaque de cuisson plus tôt ;

48% privilégient le micro-ondes ou la plaque plutôt que le four ;

30% réduisent le temps de cuisson des plats qui cuisent normalement plus longtemps.

Moins de gaspillage alimentaire

Le coût de l’alimentation a un impact réel sur le gaspillage de la nourriture auquel de très nombreux Français font bien plus attention qu’avant.

80% disent qu’ils gaspillent moins qu’avant en raison de l’augmentation des prix ;

47% indiquent même qu’ils gaspillent beaucoup moins ;

Un Français sur cinq dit gaspiller autant (18%), voire plus (2%).

Le point de vue de Léa Paolacci, chargée d'études FLASHS

L’étude révèle une transformation profonde des comportements alimentaires des Français, dictée par une pression économique persistante. Face à une perception unanime de la hausse des prix, les consommateurs adaptent leurs achats et leur manière de consommer, souvent au détriment de la qualité nutritionnelle.

Les arbitrages sont devenus une nécessité : privilégier les promotions, réduire les portions, modifier les modes de cuisson… Mais pour un tiers des Français, ces ajustements ne suffisent plus, les contraignant à sauter des repas. Ce constat est particulièrement alarmant chez les jeunes adultes et les ménages les plus modestes.

Néanmoins, cette contrainte budgétaire a aussi conduit à un effet bénéfique, peut-être le seul : la réduction du gaspillage alimentaire. Aujourd’hui, 8 Français sur 10 affirment jeter moins qu’auparavant.

Ces résultats témoignent d’une adaptation contrainte plus que choisie, soulignant un défi majeur : permettre à chacun d’accéder à une alimentation équilibrée, sans compromis sur la santé.

Enquête réalisée par FLASHS pour Ymanci.fr du 21 au 28 janvier 2025 par questionnaire autoadministré en ligne auprès d’un panel Selvitys de 2 000 Français et Françaises âgé(e)s de 18 ans et plus, représentatif de la population française.